
Renforcer la protection des soignants pour mieux protéger les enfants, témoignage
Sur France Bleu Limousin, le Dre Marie Debord, médecin généraliste à la Croisille-sur-Briance en Haute-Vienne et membre des Voies, a témoigné d’un problème majeur : dénoncer des violences que subissent les mineurs que l'on droit protéger peut exposer les soignants à des menaces, des pressions, voire des poursuites judiciaires. Une réalité inquiétante qui dissuade certains professionnels de santé de signaler des cas de maltraitance.
Un signalement ne devrait jamais mettre en danger celui qui alerte
Pourtant, de nombreux médecins se retrouvent pris dans un dilemme : signaler et risquer des représailles, ou se taire et laisser un enfant potentiellement en danger.
Face à cette situation inacceptable, le mouvement Les Voies défend une mesure essentielle depuis plusieurs mois maintenant : garantir l’anonymat des signalements réalisés par les soignants, pour qu’aucun médecin, infirmier ou professionnel de santé ne renonce à alerter par peur des représailles.
Un risque réel pour les soignants
Aujourd’hui, les soignants qui signalent des violences sur des enfants ou des situations de maltraitance sont parfois confrontés à des menaces verbales ou physiques, des pressions de la part des familles, voire des sanctions ordinales. Certains médecins ont été poursuivis pour avoir exercé leur devoir d’alerte, une situation qui crée un climat de défiance et de crainte.
Le témoignage de la Dre Marie Debord n’est pas isolé, il s’ajoute à ceux de nombreux soignants qui alertent sur la montée des violences à leur encontre. Comment peut-on encore accepter qu’un médecin doive s’inquiéter pour sa propre sécurité en protégeant un enfant ?
Garantir l’anonymat des signalements : une nécessité absolue
Dans plusieurs tribunes, dans Le Monde ou dans le Quotidien du Médecin, le mouvement Les Voies porte une proposition forte et simple : la mise en place d’un cadre législatif garantissant l’anonymat des signalements réalisés par les soignants.
Cette mesure permettrait de protéger les professionnels de santé contre les représailles, afin qu’ils puissent signaler sans craindre pour leur sécurité ; d'encourager davantage de signalements, pour que les enfants victimes de violences soient mieux pris en charge et d'assurer une action plus efficace des autorités, en levant les freins qui empêchent certains médecins d’alerter.
Nous avons défendu cette exigence et nous continuerons à la porter jusqu’à ce qu’elle soit intégrée dans la loi.
Un appel à l’action : protéger les soignants, c’est protéger les enfants
L’intervention de la Dre Marie Debord sur France Bleu Limousin met en lumière une urgence : sans protection adéquate des soignants, c’est tout le système de protection de l’enfance qui est fragilisé.
📢 Réécoutez son témoignage ici 👉 https://www.francebleu.fr/emissions/l-invite-d-ici-matin-limousin/une-generaliste-de-haute-vienne-alerte-sur-les-menaces-contre-les-medecins-qui-signalent-des-violences-intra-familiales-1461180