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Catherine Trautmann : à Strasbourg, refonder la démocratie locale par la civilité et le progrès

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Avec Catherine Trautmann, c’est une mémoire politique de la gauche européenne qui se donne à relire. Cet entretien prolonge la réflexion sur la façon de gouverner une ville dans la fidélité à l’idéal républicain, avec des règles propres et singulières à chaque territoire.

De Strasbourg, qu’elle a profondément transformée, Catherine Trautmann tire une leçon politique : le progrès réside dans la qualité du lien civique qui unit les habitants. Elle défend une idée de la gouvernance reposant sur la démocratie locale comme méthode de gouvernement, la civilité comme principe d’action et la planification comme garantie d’égalité.

Nous interrogeons ensemble la manière dont une ville peut redevenir le laboratoire d'expérimentation du progrès.


Gouverner une ville, c’est finalement confronter l’idéal républicain au réel social : qu’avez-vous appris de cette articulation qui peut malgré tout parfois se transformer en tension ?

Catherine Trautmann. Quand je suis devenue maire de Strasbourg en 1989, c’était le bicentenaire de la Révolution française. Un moment hautement symbolique, puisque j’étais la première femme élue maire d’une ville de plus de 100 000 habitants, dans une ville historiquement classée à droite. C’était, en soi, une petite révolution.

Dès le départ, j’ai voulu inscrire mon mandat dans un triptyque de projets structurants, les mobilités et l’accessibilité, le logement, et la démocratie locale. Trois axes d’action qui avaient tous pour ambition de transformer à la fois la ville et la manière de la gouverner.

Le tramway fut le premier grand chantier, et sans doute le plus emblématique car deux visions s’opposaient. D’un côté, le maire sortant défendait un métro léger souterrain, tandis que je proposais un tramway de surface. Ce choix n’était pas seulement technique ; il disait une conception du rapport à la ville et aux habitants. Je défendais le tramway car les femmes (qui étaient majoritaires parmi les usagers des transports en commun) n’aimaient pas descendre dans des stations souterraines. Il fallait donc un transport sûr, visible, agréable et ouvert sur la ville.

Nous n’avions pas de matériel roulant, le tramway de Strasbourg fut donc un prototype conçu de toutes pièces sur la base d’un programme élaboré collectivement par les ingénieurs et moi-même. Pour eux, c’était un tram articulé, innovant, fluide. Pour moi, il devait être transparent à l’intérieur comme à l’extérieur afin de créer un sentiment de sécurité par la conception, et non par la contrainte. Le tramway devait être à la fois un moyen de déplacement et un espace de vie, un lieu où l’on se sent bien, à l’aise, protégé, et qui permette de profiter de la beauté de la ville.

Ce projet a profondément bouleversé Strasbourg. Il a permis de relier les quartiers, de réduire les fractures urbaines et d’instaurer une forme d’égalité entre les territoires. Mais il a aussi nécessité une concertation intense, visant à doubler le secteur piétonnier, modifier la circulation, changer les habitudes de toute une population. Je ne vous cache pas que ce fut un choc. Mais nous avons accompagné ce bouleversement en mettant en place le premier plan de déplacements urbains de France. J’ai proposé qu’un tel plan devienne une condition d’obtention des financements de l’État, qui allait intégrer pour la première fois tous les usagers piétons, cyclistes, automobilistes et passagers du transport public pour faire croître la part des mobilités douces. Nous étions alors parmi les toutes premières villes européennes, avant même Copenhague, à structurer une politique de mobilité durable. Aujourd’hui, nous faisons face à d’autres tensions dans l’espace public : la confrontation des usages, parfois des colères. Mais à l’époque, il s’agissait encore d’une dynamique d’enthousiasme collectif autour d’un grand projet fédérateur.

Le deuxième grand volet de mon programme concernait le logement urbain et la rénovation du parc social. Ce travail est moins visible : quand on rénove, cela ne se voit pas, contrairement à la construction neuve. Et pourtant, c’est une politique fondamentale parce qu’elle touche à la vie quotidienne, à la dignité et à la santé sociale d’une ville.

La gouvernance, pour moi, est d’abord un exercice, au sens presque philosophique du terme : il faut créer les conditions de l’expression, puis transformer cette expression en action publique.

Enfin, le troisième pilier de mon action fut la démocratie locale. Je voulais rompre avec le paternalisme municipal traditionnel, ce mode de gouvernance où l’élu décide pour tous, parfois avec bienveillance, mais sans véritable partage du pouvoir. Mon ambition était de créer une démocratie locale active, participative et horizontale. Nous avons créé des assemblées de quartier, où je venais avec mes adjoints pour présenter les projets, écouter, débattre avec les habitants. De ces échanges sont nés les conseils de quartier, composés de citoyens et d’associations, véritables relais entre la mairie et les habitants. Nous avons également institué un conseil des jeunes, qui pouvaient prendre la parole lors des grandes assemblées de quartier. Ce fut une manière concrète de faire vivre la démocratie directe au cœur d’une grande ville.

J’ai aussi voulu donner la parole à ceux qui ne l’avaient pas, c'était le cas des résidents étrangers qui n’avaient pas le droit de vote. Nous avons créé pour eux des conseils consultatifs, leur permettant d’être associés aux décisions concernant la vie de la cité. Je regrette profondément que cela n’existe plus aujourd’hui car je ne crois pas qu’une ville puisse bien vivre avec des populations invisibles.

La gouvernance, pour moi, est d’abord un exercice au sens presque philosophique du terme : il faut créer les conditions de l’expression, puis transformer cette expression en action publique. C’est ce va-et-vient permanent entre la parole et l’acte, entre la consultation et la décision, qui fait la vitalité démocratique d’une ville.

Dans une configuration politique où la majorité était parfois fragile, j’ai cherché à bâtir des majorités de projet. Autrement dit, à travailler avec des élus d’autres sensibilités dès lors que nous partagions un objectif commun. J’ai ouvert la gouvernance de la ville à des personnalités issues du RPR (actuellement Les Républicains) ou d’autres familles politiques. Il existait alors à Strasbourg une culture du respect et de la contribution au bien commun. Cette ouverture a permis de voter à l’unanimité des décisions pourtant audacieuses, comme la nomination de Salman Rushdie comme citoyen d’honneur de Strasbourg, à une époque où cela n’allait pas de soi.

Être progressiste, c’est précisément cela, dépasser ses propres limites politiques pour rassembler autour d’un projet. C’est refuser le sectarisme, faire confiance à l’intelligence collective et à la responsabilité partagée.

Les Strasbourgeois gardent une certaine nostalgie de cette période où la gouvernance était plus ouverte, plus apaisée, plus constructive. Une époque où la droite aurait pu renverser la majorité, mais ne l’a pas fait, parce que les règles du jeu étaient respectées et que chacun y trouvait sa place. Cette stabilité reposait moins sur le rapport de forces que sur la qualité du fonctionnement démocratique lui-même.

Gouverner, c’est veiller à ce que chacun puisse s’exprimer, contribuer, et se reconnaître dans les décisions. C’est cela, au fond, la substance du progrès républicain.


Vous avez mentionné qu’il y avait à Strasbourg une culture locale du respect, du compromis et de la capacité à travailler ensemble. Existe-t-elle encore aujourd’hui ?

Catherine Trautmann. Elle n’existe plus vraiment, pour ne pas dire plus du tout, avec l’exécutif actuel. La gouvernance de la ville s’est refermée. Ce qui domine aujourd’hui, c’est une pratique du secret, de la rétention d’information et parfois même de la dissimulation. Bien sûr, certaines données doivent rester confidentielles, mais il existe aussi un devoir de transparence et le devoir de rendre des comptes. Gouverner une ville, c’est accepter la contradiction, c’est expliquer ce que l’on fait, et pourquoi on le fait.

Je le dis avec conviction, lorsqu’on se réclame du camp progressiste, on doit faire progresser la démocratie, quelle que soit la société dans laquelle on vit. Or notre société a changé. Elle est désormais traversée par une fascination pour l’individualité, amplifiée par les réseaux sociaux. Cette mutation fragilise la construction du collectif, elle rend plus difficile la création d’une adhésion durable autour d’un projet commun.

Pour ma part, j’ai toujours pensé qu’une fois élu, le rôle d’un responsable politique n'était pas d’imposer, mais d’élargir l’adhésion. Pour cela, il faut d’abord un projet clair, qui sert de guide, qui permet de se projeter. Sans projet, on ne va pas loin. La gouvernance n’est pas une fin en soi : elle est au service du projet. C’est le projet qui lui donne du sens et de la légitimité.

À partir de là, vous pouvez construire des alliances, associer des personnalités qui ne sont pas du même bord politique, parce que vous avez défini ensemble des objectifs tangibles, territoriaux, sociaux, environnementaux. C’est cela qui fait tenir une ville.

Il faut aussi savoir s’appuyer sur des organismes indépendants, capables d’évaluer la qualité du fonctionnement public. Ce sont eux les stabilisateurs de la vie démocratique car ils permettent de dire où l’action publique réussit et où elle échoue. Sans ces observateurs, la gouvernance risque de dériver vers l’entre-soi et l’autosatisfaction.

La tentation existe toujours en politique : celle de se dire « j’ai été élu, donc je fais ce que je veux ». Je pense exactement le contraire. Être élu, c’est d’abord accepter de s’entendre dire non. C’est écouter les oppositions, car elles vous permettent de vous situer, d’évaluer votre action, de vous corriger. Cela n’a certes rien d’agréable, mais c’est utile, et même indispensable à la vitalité démocratique.

La base, c’est aussi de savoir quel service public on veut défendre ou promouvoir. C’est le cœur de la gouvernance locale. À Strasbourg, j’ai toujours défendu l’idée d’un service public fort, ancré dans les besoins essentiels : l’eau, l’assainissement, l’énergie, les déchets. Ce sont les fondations d’une société solidaire et durable. Je plaide, d’ailleurs, dans la campagne, pour la création d’un véritable service public de l’énergie, comme nous avons su le faire autrefois pour l’eau et l’assainissement. Car dans la transition écologique, l’énergie doit redevenir un bien commun.

J’ai également connu l’époque des communautés urbaines, notamment en travaillant avec Pierre Mauroy. C’était une période d’audace institutionnelle. Nous avions proposé la création de communautés urbaines et de communautés rurales, reposant sur un même principe de solidarité communale, mais adapté aux réalités géographiques et sociales. C’était une façon d’unifier sans uniformiser et de renforcer la coopération intercommunale.

Ce fut un moment passionnant, car nous avons su dépasser les frontières administratives : Strasbourg a été l’une des premières villes à mettre en place des établissements publics transfrontaliers, travaillant avec ses voisins allemands. Cette ouverture aurait dû être le point de départ d’une dynamique beaucoup plus ambitieuse : celle d’une Europe des territoires. Malheureusement, nous n’avons pas su en faire un levier assez fort.

Aujourd’hui encore, il manque une vision politique commune à l’échelle régionale et transfrontalière, autour de priorités comme le transport, l’intermodalité, l’emploi. Sans cela, nous risquons de manquer les rendez-vous essentiels pour faire contrepoids à la centralisation et pour donner à nos territoires la force d’exister dans l’espace européen.

Il faut réinscrire nos villes dans des espaces plus mouvants, plus coopératifs, où se redessinent des complémentarités concrètes sur les mobilités, l’emploi, la transition écologique. C’est cela, aujourd’hui, la nouvelle frontière du progrès local.

Et puisque toute reconstruction politique doit aussi être morale, je crois qu’il faut rebâtir un code de civilité, destiné à toutes et à tous, élus comme citoyens. Parce que la démocratie tient d’abord par le respect, la parole donnée, et la loyauté envers le bien commun.



Vous parlez d’une « majorité de projet » et d’un progressisme à réinventer. Comment repenser un projet municipal à partir de cette exigence, et comment le transformer en une solution aux besoins du territoire et de ses habitants ?

Catherine Trautmann. C’est la première fois, depuis le début de ma carrière politique (qui est déjà longue) que je vois des citoyens venir spontanément pour me demander de revenir, de m’engager à nouveau pour les prochaines échéances locales. Cette demande m’a profondément touchée. Elle traduit un besoin collectif de repères, d’écoute et d’action.

Nous avons donc commencé à construire un projet… avec zéro euro. Cela peut paraître anecdotique, mais c’est une donnée politique en soi, car partir de rien, c’est repartir du réel.

Face à une vision écologique du territoire et à l’objectif de neutralité carbone, les responsables de la majorité actuelle auraient dû se poser la même question que nous, c'est-à-dire comment réinscrire les finances publiques dans les fondamentaux du développement durable ? L’eau, l’air, l’énergie, mais aussi les finances, tout cela relève d’un même bien commun.

La première étape, c’est de se mettre d’accord sur les valeurs. Que veut-on ? L’égalité est-elle encore une valeur, aujourd’hui ? Et si oui, comment la traduit-on ? Comment exercer, concrètement, les libertés de mouvement et les libertés civiques ? Quelle place accorder aux associations, aux forces vives du territoire, à celles et ceux qui font la ville au quotidien ? Une politique municipale se construit avec les acteurs du terrain et les citoyens avec des valeurs fil rouge, le respect, la civilité, l’écoute. On parle beaucoup de “citoyenneté”, mais on oublie souvent que “citoyen” vient d’“être civil”, être respectueux, attentif à l’autre, capable de partager.

Retrouver la civilité, c’est retrouver le sens de la vie collective. C’est recréer un état d’esprit où chacun se sent à l’aise, parce qu’il est assuré du regard bienveillant des autres. Cela commence dès l’école. Je pense à cette enseignante qui, avec ses élèves, organise les petits déjeuners de l’école : les enfants calculent ensemble le nombre de denrées nécessaires, répartissent les tâches, apprennent à collaborer. C’est cela, au fond, le cœur de l’action locale, apprendre à faire ensemble, à coopérer, à créer du lien. Et ce n’est pas ce qui coûte le plus cher.

Aujourd’hui, les citoyens que je rencontre me disent vouloir se mobiliser, s’impliquer, prendre eux-mêmes la campagne en main. Ce réveil citoyen est une réaction au mépris ressenti, à l’absence d’écoute et de respect, au déni démocratique qui s’est installé alors même qu’une majorité se réclamait de la gauche.

On peut être de gauche sans être progressiste ; on peut être de gauche sans être respectueux des citoyens ; on peut être de gauche tout en oubliant le sens de l’égalité, surtout lorsqu’on favorise une communauté ou une catégorie au détriment des autres. Cette fragmentation du corps social est l’un des grands périls de notre époque.

Le plus grand défi du projet municipal, aujourd’hui, c’est de réussir à construire malgré les forces contraires, malgré les tensions, et surtout malgré le manque de moyens. Partir de zéro, c’est rare en politique. Mais cela donne une force particulière à chaque idée, à chaque proposition.

Nous allons donc chercher les gens, un à un, et leur demander de construire le projet avec nous, dès le départ. Quitte à ajuster ensuite, mais en avançant ensemble. Et si les électeurs nous accompagnent, l’exercice du prochain mandat pourrait être passionnant. Il serait parfaitement en phase avec les grands enjeux nationaux mais, paradoxalement, au niveau national, on ne fonctionne plus de cette manière. C’est bien dommage. Car si la République veut se régénérer, elle devra le faire en renouant avec ce que les territoires savent encore faire, c’est bâtir des biens et des services communs à partir du réel.



Comment traduisez-vous très concrètement ce que vous décrivez comme de la démocratie locale dans le fonctionnement et la gouvernance d’une équipe municipale ?

Catherine Trautmann. Concrètement, cela passe par la mobilisation de tous les outils de la démocratie locale : consultations, référendums, enquêtes publiques, réunions d’information… mais aussi par de véritables temps de débat citoyen. Il faut redonner aux habitants la possibilité de participer à la définition des priorités municipales.

Je souhaite commencer par un grand débat sur les mobilités, organisé sous la forme d’assises citoyennes. C’est un sujet structurant pour Strasbourg, qui touche au stationnement, à la circulation, à la répartition de l’espace public, à la cohérence des politiques de déplacement. C’est un thème mobilisateur, et je suis convaincue que les Strasbourgeois s’y engageront largement. Il faudra proposer de véritables options aux citoyens, puis les traduire en politiques publiques. Ce sera l’un des premiers exercices du mandat.

Nous reformerons les conseils de quartier et les instances consultatives, afin de leur redonner un rôle d’influence réel. Nous reverrons aussi le budget participatif, dont les montants actuels sont trop faibles pour mobiliser. Sans aller jusqu’à la votation suisse, il faut ouvrir un débat sur les parts du budget municipal sur lesquelles les citoyens peuvent s’exprimer.

Tout cela revient, d’une certaine manière, à l’exercice de la page blanche. Nous devons accepter de repartir d’un diagnostic neutre, par exemple à travers un audit indépendant, pour objectiver les constats et bâtir des propositions solides. Cela suppose aussi des formats de participation variés, adaptés à la diversité des habitants, et une réflexion sur la manière de maintenir cette dynamique tout au long du mandat.

La démocratie locale est avant tout une question de comportement collectif. Il faut que chacun, élus comme citoyens, comprenne que pour atteindre un but commun, il faut construire une culture démocratique partagée. La ville est une communauté ; elle se tient ou se défait selon la qualité du lien civique qui unit ses membres.

L’objectif, c’est de faire de Strasbourg une ville exemplaire de civilité, où la démocratie irrigue l’ensemble du territoire urbain, dans ses gestes, ses usages, ses pratiques quotidiennes. Trop souvent, Strasbourg s’est pensée “contre” les autres communes de l’Eurométropole ; or, elle doit aujourd’hui se penser au centre, au cœur d’un ensemble solidaire. C’est ce que j’appelle la démocratie de la civilité, une manière d’habiter la ville, ensemble.



Un dernier mot pour Les Voies ?

Catherine Trautmann. Ce que je trouve particulièrement intéressant dans la démarche des Voies, c’est cette volonté de faire émerger des contributions à partir des rencontres, des interrogations, des suggestions. Vous cherchez à créer un espace où la parole circule, se transforme et se nourrit du réel.

Ce que je veux saluer ici, c’est votre manière d’être de véritables vecteurs de la parole citoyenne, dans le sens d’une parole transmise, fidèle à ce qu’elle est, à ce qu’elle exprime. La Voix des voix en quelque sorte.






Catherine Trautmann est une femme politique française, membre du Parti socialiste. Née à Strasbourg en 1951, agrégée de lettres classiques, elle s’engage très tôt dans la vie publique. En 1983, elle devient adjointe au maire de Strasbourg, puis est élue maire de la ville en 1989, première femme à diriger une ville de plus de 100 000 habitants.

Ministre de la Culture et de la Communication de 1997 à 2000 dans le gouvernement de Lionel Jospin, elle porte notamment la politique du patrimoine et soutient la création contemporaine.

Députée européenne à plusieurs reprises (1989–1997, puis 2004–2014), elle y préside la délégation socialiste française et s’implique dans les dossiers de politique industrielle, de cohésion urbaine et d’innovation numérique.

Aujourd’hui encore, elle demeure une voix influente du progressisme territorial et européen.